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sept 19

“Nourrir 9 milliards d’hommes”, tel est le titre d’un ouvrage que viennent d’écrire Marion Guillou et Gérard Matheron. Dès les premières pages de leur ouvrage commun, la présidente de l’Inra et son homologue du Cirad affirment d’emblée leur confiance: « satisfaire les besoins alimentaires de plus de 9 milliards de personnes à l’horizon 2050, dans un contexte de développement durable est possible ». Toutefois si l’énoncé du défi qui attend le monde est simple, l’équation permettant de le résoudre est nettement plus difficile en pratique. D’autant que la planète pourrait compter non pas 9, mais 10 milliards d’âmes, prévient Marion Guillou, devant la presse en présentant l’ouvrage. Cependant les auteurs veulent faire partager leur conviction que « le cataclysme » annoncé peut être évité. Pour cela, il va falloir changer un certain nombre de comportements actuels pour « ramener l’agriculture sur le devant de la scène, pour qu’elle ne soit plus maltraitée par les politiques ou bailleurs de fonds » plaide Gérard Matheron. Dans ce but, l’ouvrage fait six grandes recommandations. Cela va du renouvellement des savoirs par l’accentuation des recherches biotechnologiques, agro-écologiques, économiques, sociales et humaines, à la lutte contre la pauvreté et la faim via un investissement humain et matériel dans toutes les filières agricoles de par le monde. Sans oublier la lutte contre la volatilité des denrées alimentaires de base, ou des changements comportementaux comme la fin d’un gaspillage allant du producteur au consommateur et de pratiques nutritionnelles conduisant à du surpoids, voire l’obésité. Deux recommandations touchent à l’instauration d’un réel dialogue entre tous les acteurs de la recherche sur le climat, l’eau, les sols, la biodiversité, « pour un recueil de données à l’image de celle qui fonctionne dans le domaine des énergies », mais aussi entre les divers organismes mondiaux impliqués pour instaurer une gouvernance mondiale en matière de sécurité alimentaire. Marion Guillou a cité notamment le cas de la FAO et de l’OMS, qui coopèrent très peu, alors qu’alimentation et santé sont intimement liés. « Il faut remettre un pilote dans l’avion » et développer les solidarités. Par ce livre, ses auteurs qui ont, déjà à plusieurs reprises, défendu ce constat, espèrent toucher non plus les décideurs mais un large public, « car tout le monde doit agir, maintenant et pas dans quarante ans ».

« 9 milliards d’hommes à nourrir », édition François Bourin, 432 pages, 22 euros (bénéfices versés à Agronomes et Vétérinaires sans
frontières)

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