Alors que la ministre française de l’Economie officialisait, ce jour, sa candidature à la succession de Dominique Strauss Kahn, à la tête du Fonds monétaire international, la presse indienne, ne ménageait pas ses sarcasmes à l’encontre de Christine Lagarde, dans ses éditions du 24 mai. L’Inde qui milite depuis de nombreux jours pour l’abandon de la règle, non écrite, qui veut que la gouvernance du FMI soit attribuée à un Européen reconnaît que les pays émergents, par manque de temps, ont peu de chances de présenter un candidat crédible. Mais la ministre française est prévenue, elle sera sous haute surveillance des Indiens. Les éditorialistes se sont fait un plaisir de lui rappeler que parler couramment anglais et être de nationalité européenne, n’étaient pas des qualités suffisantes pour gouverner le FMI. Balayant les éventuels futurs ennuis de la ministre, en relation avec l’affaire Tapie, The Times of India, pointe qu’elle n’a, à son crédit, aucune réforme, décision ou débat lancé lors de son passage à Bercy. Sa voix n’a jamais été audible lors de la crise économique, présentant une position de la France, tout en étant incapable de la définir clairement. Elle n’a en fait été que le porte voix de Nicolas Sarkozy. Elle n’a aucune instruction académique en matière d’économie ou de finances et encore moins des convictions affirmées dans ces domaines. Elle n’a pas su imposer une discipline fiscale à son pays. En clair, pour le journal, elle n’a aucune raison de prendre la tête du FMI.
Frédéric Lefebvre qui a été sacré star du buzz sur le web, le week-end dernier grâce à sa boulette sur « Zadig et Voltaire », son livre de chevet préféré a été moins heureux avec son « Panier des essentiels » engageant les acteurs de la distribution (Carrefour, Géant Casino, Auchan, Match, Monoprix, Leclerc, Cora, Système U, Intermarché), à proposer aux consommateurs, dans leurs magasins, au plus tard fin avril, une sélection hebdomadaire de produits alimentaires de qualité à des prix attractifs pour tous, repérables en magasin par un logo unique. « Un panier bien maigre aux contours mal définis », essentiellement au service de la grande distribution, estime l’association UFC- Que Choisir qui dit son amère déception devant ce « gadget ». L’association rappelle enfin que cette idée a un goût de « déjà vu », rappelant le feu « charriot-type » de Thierry Breton, ex-ministre des Finances, puis l’initiative mort-née du « panier-type » de Luc Chatel, secrétaire d’Etat à la consommation. Tout aussi sceptique, la Confédération de la Consommation, du Logement et du Cadre de Vie (C.L.C.V.) juge ce projet « intéressant dans son principe, mais qui ne pourra être bénéfique aux consommateurs que si les distributeurs jouent réellement le jeu, tiennent leurs engagements tant sur le caractère attractif des prix que sur les qualités nutritionnelles des produits qu’ils retiendront chaque semaine et ne répercutent pas les effets de cette mesure sur les autres produits. Bref, le ministre a raté son coup, s’il voulait se refaire une meilleure image.
Alors que le ministre de l’Agriculture assistait au congrès de la FNSEA, 19 organisations agricoles, environnementales et de santé environnementale rendent publique, dans le journal Le Monde, daté du 30 mars, ont interpellé le Ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire. Ils dénoncent le manque de chérence et de volonté politique du ministre et plus largement de l’ensemble du gouvernement face au défi environnemental. Ils dénoncent les bonnes intentions affichées, depuis le Grenelle de l’environnement, mais également tous les passe-droits accordés pour contourner la réglementation. Et de citer les autorisations de monocultures qui épuisent les sols et l’eau. Ou encore le peu d’encouragement pour la rotation des sols, plus économe en pesticides qui polluent les nappes phréatiques. Et de citer le cas de 74 dérogations accordées pour des pesticides interdits. La concentration des élevages en fournit une autre illustration avec ses effets néfastes, sources d’excès d’azote dans les sols. « Bruno Le Maire se comporte davantage en ministre de certains agriculteurs qu’en ministre d’une agriculture durable, d’une alimentation saine et d’un aménagement équilibré du territoire », notent les signataires qui vont de WWWF-France à la Fédération nationale d’agriculture biologique, en passant par la Confédération paysanne ou les défenseurs des oiseaux. Seul absent notoire, dont la campagne sur les algues vertes ou les OGM, lors du Salon de l’agriculture avait fait scandale et qui doit être jugée par les tribunaux. Cet appel pour un réel verdissement de la PAC n’a toutefois guère de chance de troubler le ministre, alors que le gouvernement est en pleine tentative de reconquête de l’électorat agricole. Or la FNSEA qui tient congrès ces trois jours, à Saint Malo, ne fait pas mystère qu’elle n’entend pas laisser « les écolos parler à leur place d’agriculture ». François Fillon qui s’est invité, au dernier moment à leur congrès, ne va sans doute pas leur dire le contraire.
« Pourquoi les entreprises chinoises rencontrent-elles tant de difficultés dans leurs projets d’acquisition à l’étranger, », se demande, hier, le Quotidien du peuple, dans un article intitulé « Bright rate son projet d’acquisition du français Yoplait ». Il note que cela marque le quatrième échec de Bright dans ses tentatives d’acquisition à l’étranger après ses revers avec CSR en Australie, United Biscuits en Grande-Bretagne et GNC aux États-Unis. Selon Zhou Siran, chercheur dans le secteur alimentaire et conseiller à la CIC (China Investment Corporation), les principales causes qui ont conduit à l’échec de Bright tiendraient à sa faible notoriété internationale alors que Yoplait cherchait une société internationale qui aiderait la marque à réaliser son expansion dans les marchés émergents. Il estime également que la décision du gouvernement français de classer le yaourt comme actif stratégique impliquait que le choix se porterait sur une société nationale ou réellement internationale, ce que n’est pas encore Bright. Zhou Shiran constate également qu’il existe des barrières commerciales, techniques ou sanitaires relativement fortes dans le commerce alimentaire international, qui entravent jusqu’à ce jour le processus d’internationalisation de l’industrie alimentaire chinoise. Les normes dans ces domaines font que l’exportation des produits alimentaires nationaux est largement handicapée, d’autant que des défauts importants existent dans le contrôle alimentaire par les autorités. Les scandales de sécurité sanitaire sont fréquents. Cela produit non seulement un impact négatif sur l’industrie alimentaire dans le pays, mais prouve aussi, dans un certain sens, que le niveau de qualité de l’ensemble du secteur est à améliorer. Le journal estime toutefois que, selon un nouveau plan stratégique, le groupe Bright se concentrera sur des acquisitions pour réaliser son internationalisation. Ce plan prévoit que le groupe s’efforce de réaliser un chiffre d’affaires de 70 milliards de yuans en 2011(7,5 milliards d’euros), contre 61,8 milliards l’an dernier pour ses activités principales. Pour doubler son chiffre d’affaires en cinq ans, les acquisitions à l’étranger sont l’une des stratégies fondamentales et incontournables de la société.
Le suspens de la vente par le fonds d’investissement PAI de sa participation de 50% dans Yoplait, aux côtés de la coopérative Sodiaal, a trouvé son dénouement hier 17 mars, avec le choix de l’Américain General Mills. Ce dénouement semble logique, car Sodiaal connait bien son futur partenaire. Le numéro six mondial qui produit notamment les glaces Häagen-Dazs, les légumes Green Giant et les céréales Cheerios, distribue les produits de Yoplait aux Etats-Unis depuis plus de 30 ans. Cette solution a également l’avantage de faciliter l’épineux problème de la licence de distribution aux Etats Unis dont bénéficiait son nouvel associé, arrivant à échéance en septembre 2012. L’Américain qui génère un chiffre d’affaires de 16 milliards de dollars, aurait fait une offre qui serait de 1,6 milliard d’euros. Il emporte même la mise, selon certaines sources, face à des offres mieux disantes. Parmi elles, on comptait notamment, le suisse Nestlé, le Mexicain Lala, les Français Bel et Lactalis ainsi que le Chinois Bright Food. Ce dernier longtemps donné favori, enregistre un nouvel échec dans sa tentative d’expansion à l’étranger. L’an dernier le groupe a échoué dans le rachat du sucrier et producteur d’éthanol australien CSR, après avoir du renoncer à l’Américain GNC et au Britannique United Biscuit. Pourtant le prétendant chinois faisait miroiter l’immensité de son marché et ses perspectives de développement immense avec la hausse du niveau de vie de sa population. Mais il ne faut pas oublier que de plus en plus d’investisseurs se méfient de partenariats avec les entreprises chinoises. Les Australiens et Néo-Zélandais comptent désormais parmi les plus méfiants et n’hésitent pas à opposer leur veto aux investisseurs potentiels, tant dans l’industrie que l’agriculture. Il ne faut pas non plus ignorer les déconvenues enregistrées par des groupes français avec des partenaires chinois, comme Danone et Wahaha, ou les tracasseries dont est victime Carrefour (tout comme le géant américain Wal Mart), et qui ont peut-être pesé dans la balance. Finalement, la solution de s’allier à General Mills peut réellement apparaitre comme un mariage de raison.
Xavier Beulin, le nouveau patron du premier syndicat agricole français tenait hier sa première conférence de presse, si l’on excepte celle de présentation qu’il avait tenue au lendemain de son élelction. Par delà le thème abordé, consacré à la volatilité des cours des matières premières et leur impact sur les revenus agricoles et la nécessaire solidarité que doit avoir le monde agricole en interne qui est un sujet sérieux, c’est le nouveau style qui est frappant. Sans être à l’opposé de celui de son prédécesseur, il en est totalement différent. Jean Michel Lemétayer avait une faconde étonnante pour un Breton, un sens de la formule choc pour plaire aux radios, télévisions et journalistes, un certain goût de la provocation. Il aimait guetter les réactions de la salle qui l’écoutait et attendait avec légère gourmandise leurs questions, pour éventuellement les renvoyer gentiment dans les cordes, s’il jugeait celles-ci saugrenues. Xavier Beulin, au contraire a offert hier une prestation totalement millimétrée. Pas d’improvisation, il a suivi son plan de route à la lettre. Un discours totalement construit, avec peu de digressions, à peine une illustration chiffrée de ci de là, pour rendre le propos moins austère. Il n’a pas éludés les questions en fin de parcours. Mais il a limité celles-ci dans le temps, répondant avec le même sérieux que lors de son discours. Il a sans doute moins fait sourire son auditoire que son prédécesseur, mais il a été tout aussi convaincant que celui-ci et a séduit l’assemblée.
Le ministre de l’Agriculture se déplace en Finlande ce lundi 14 février, où il s’entretiendra avec le Premier ministre de la République, Mari Kiviniemi, puis avec son homologue, la ministre de l’Agriculture et des Forêts, Sirkka-Liisa Anttila. Mardi, il se rend au Parlement européen à Strasbourg. Il s’entretiendra avec Joseph Daul, Président du Groupe du Parti populaire européen (démocrates-chrétiens) et Martin Schulz, Président du Groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates. Il aura également une réunion avec les membres du bureau de la Commission de l’agriculture et du développement rural. Jeudi, 17 février, il sera à New-York et rencontrera Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies. Il aura une parenthèse nationale, mercredi, avec le Conseil des ministres à l’Elysée, le matin et les questions d’actualité à l’Assemblée nationale dans l’après midi. Il est vrai que la semaine prochaine du ministre sera totalement française avec le Salon de l’agriculture, mais ce calendrier assez inédit interpelle. Le ministre que l’on avait cité pour remplacer François Fillon, ne serait-il pas en réserve, pour d’autres fonctions, au moment où Nicolas Sarkozy rêve de reconquérir l’électorat agricole. Il va ainsi inaugurer le Salon, ce samedi 19 février et tente de faire oublier le désormais cultissime, « casse-toi pauvre con » et pourrait miser sur un ministre fort apprécié des agriculteurs, ce qui n’est pas son cas.
A peine élu à la Présidence de la Fnsea, syndicat majoritaire agricole, Xavier Beulin a essuyé jeudi 20 janvier une attaque frontale du syndicat Coordination Rurale. L’objet de cet incident concerne des révélations qu’a faites Wikileaks, largement relayées par le Canard Enchainé de la semaine précédente. « Le palmipède », comme il se nomme lui-même, avait consacré un large article à une note, émanant de l’Ambassadeur des Etats-Unis en France, transmis au gouvernement américain, mentionnant la phrase suivante : « les partisans des biotechnologies en France, comprenant le syndicat agricole (the farm union) nous ont dit que les rétorsions étaient le seul moyen de faire évoluer la position française sur la question » des OGM. Candidement la Coordination remarque que le syndicat en cause ne saurait être elle-même, ni la Confédération Paysanne, qui n’ont pas la réputation d’être de farouches défenseurs des OGM. Pour la Coordination, ces rumeurs accréditent l’idée selon laquelle un membre de la Fnsea aurait recommandé au représentant des Etats-Unis en France de faire prendre par son pays des mesures de rétorsion contre certains produits français. Elle demande donc de communiquer de manière très claire sur ces faits. Chacun doit savoir quel est le syndicat agricole français qui a pu tenir ce langage auprès de l’Ambassade des Etats-Unis et qui jette le discrédit sur la « profession soupçonnée de trahir les intérêts nationaux pour satisfaire des intérêts particuliers de firmes ou de coopératives qui souhaitent pouvoir tirer profit et pouvoir du développement des OGM, au mépris de la volonté des producteurs comme des consommateurs ». « A défaut, et puisqu’il ne semble pas possible de mettre en doute la véracité des publications de Wikileaks, nous serons amenés à considérer votre silence comme la reconnaissance de votre réelle implication dans cette démarche scandaleuse », conclut la lettre adressée à Xavier Beulin. Ce dernier n’est pas nommément mis en cause, mais tout le sous entend, car il est également président de Sofiprotéol, le bras financier et industriel de la filière des oléagineux et notamment des biocarburants. Cet organisme étudie actuellement un rapprochement avec la Fnsea pour constituer un fonds stratégique, à l’instar de ce que viennent d’annoncer le syndicat Coop de France avec l’industriel InVivo. De quoi accréditer encore davantage le reproche fait à Xavier Beulin d’être le représentant des grandes cultures. Les rapports avec les autres syndicats qui tentent de se faire accepter dans les instances interprofessionnelles aux côtés de la Fnsea, risquent d’être tendus dans les mois à venir. Bruno Le Maire qui souhaite que la France parle d’une seule fois dans les négociations européennes va avoir du pain sur la planche pour calmer le jeu.
Le directeur général du principal syndicat agricole d’Afrique du Sud, la Transvaal Agricultural Union est actuellement en visite en Géorgie, peut-on apprendre sur le site de l’organisation. Bennie van Zyl y restera 3 mois pour superviser l’accord signé avec le gouvernement géorgien pour faire venir des agriculteurs d’Afrique du Sud, pour relancer cette activité qui a périclité sous le régime soviétique. La TAU, fondée en 1897 par les fermiers Boer est fortement anticommuniste, un sentiment que les autorités de Tbilissi partagent pleinement. Le pays souhaite parvenir à plus d’indépendance alimentaire alors qu’il dépend actuellement à 70% des importations. Les terres cultivables sont estimées à 3 millions d’hectares dans 10 provinces. Deux voyages d’information pour des candidats à l’installation sont organisés en janvier et février. Cet accord pourrait susciter des candidatures, car les militants de la TAU dénoncent la politique du gouvernement du Black Economic Empowerment, comme étant de la discrimination raciale. Ils estiment que les droits des agriculteurs blancs ne sont pas défendus et beaucoup estiment ne plus pouvoir exercer sereinement leur métier en Afrique du Sud. Beaucoup d’entre eux ont déjà préféré aller exercer leur talent au Mozambique voisin qui attire également les Chinois, toujours en quête de nouvelles terres agricoles. Si la campagne de séduction géorgienne réussit, nul doute que l’agriculture du pays va se redresser et devenir un pays avec lequel il faudra compter, tout comme l’Ukraine. En revanche, l’Afrique du Sud risque de s’affaiblir.
Le patron de Danone entre au conseil d’administration de Rolex
Rolex étoffe son conseil d’administration avec l’arrivée du patron de Danone, Franck Riboud, rapporte le quotidien helvète Le Temps de mercredi 15 décembre. L’information a été confirmée par le groupe horloger genevois. Au sein de Rolex, il rejoint des personnalités comme l’ancien skieur français Jean-Claude Killy. De la Grameen Bank de Muhammad Yunus à Rolex, il n’y a donc qu’un pas. L’information se passe, bien évidemment de tout commentaire.