avr 21


A en croire les commentateurs, tout le monde respire ce jour, avec la reprise des vols aériens. Les passagers bloqués vont enfin pouvoir poursuivre leurs périples, soit vers leurs foyers, soit vers des vacances de rêve. Les compagnies aériennes font leurs comptes, tout comme les industriels du tourisme et de l’hôtellerie. Un sujet est curieusement passé à la trappe : l’impact du nuage de cendres sur notre alimentation. Les premiers jours, certains avaient brandi le spectre de ruptures d’approvisionnement dans les linéaires des supermarchés. Au passage, ils avaient une pensée émue pour les producteurs de fruits et légumes exotiques ou de fleurs qui se voyaient contraints de détruire leurs productions. L’alerte est passée, tout redevient donc normal. Et pourtant cet épisode, qui n’est peut-être même pas encore définitivement clos, devrait inciter la planète à se poser des questions. Les pays du nord devraient réfléchir aux risques qu’ils encourent à réduire leurs agricultures ou à les spécialiser pour se retourner vers des importations à bas prix, en provenance d’Afrique, de Chine ou autre Brésil. A l’heure où les discours officiels prônent de plus en plus un retour aux productions agricoles de proximité, il serait effectivement temps de traduire ces vœux pieux en actes. Il ne s’agit d’ailleurs pas de viser uniquement les productions « exotiques », mais bien favoriser les productions nationales à proximité des villes. L’autre enseignement concerne les pays émergents, riches ou en développement, qui voient la fragilité de baser une grande part de leur économie sur quelques produits phares (haricots ou fleurs du Kenya). Nombre d’économiste et d’organisations internationales se battent pour un retour de ces pays vers des cultures traditionnelles pour nourrir, en priorité leurs populations. Le message sera-t-il entendu. Une autre nouvelle, passée en revanche inaperçue, devrait également inciter à cette réflexion sur la relocalisation. Les éleveurs de mouton néo-zélandais redoutent que les compagnies maritimes ne décident, par souci d’économiser du fuel, de réduire drastiquement la vitesse de leurs bateaux. Leurs gigots et autres préparations carnées risquent d’arriver en Europe, au-delà des dates de péremption. Il nous faut repenser toute notre stratégie, reconnaissent lesNéo-Zélandais. Espérons pour eux, qu’ils ne miseront pas tout sur l’avion.