mar 26


Alors que les éleveurs laitiers sont de plus en plus exaspérés par l’attitude des industriels qui ne veulent pas appliquer l’accord interprofessionnel conclu en juin 2009 de revoir à la hausse les prix prévus, à compter du 1° avril, Lactalis joue la provocation. Dans un communiqué publié hier 25 mars, le numéro trois mondial, avec ses marques Lactel, Bridel, Lepetit, Roquefort Société, verse une larme sur le sort du secteur. Elle juge « très préoccupante la situation de la filière laitière » et demande de vraies négociations afin de lutter contre les écarts de prix avec les produits allemands, sans dire que ceux-ci n’ont pas le même degré de qualité ou de sophistication.  Les « éleveurs apprécieront » ironise la Fédération des éleveurs devant tant d’arrogance. Et de rappeler que les victimes de la crise du lait, sont avant tout les paysans qui ont vu leur revenu baisser de 54% en 2009 pour se situer à un niveau moyen très en dessous du Smic et que plus de 20% d’entre eux ont un revenu négatif. Et de mettre en avant la mauvaise foi de Lactalis qui voudrait apitoyer les populations sur son sort. Le groupe réalise un chiffre d’affaires de 9 milliards d’euros. Ses bénéfices ne sont pas publiés, ce qui est son droit, moyennant amende payée au greffe du tribunal. Mais ils doivent être confortables insinue la FNPL, car elle a eu les moyens suffisant pour investir plus de 800 millions, ces derniers mois en Espagne afin de faire de nouvelles acquisitions. La clarté est pourtant une des valeurs affichées sur le site de l’entreprise « familiale » de Mayenne. Tout comme « un engagement qui garantit le respect des hommes et la mise en valeur de leur savoir-faire ». A condition, sans doute, de passer sous ses fourches caudines. Les agriculteurs (FNSEA et Jeunes Agriculteurs) de l’Ille et Vilaine qui ont bloqué ses laiteries l’apprendront à leurs dépens cet après-midi, devant le tribunal des référés de Rennes. Les fermiers livrant Entremont et privilégiant leur rachat par Lactalis plutôt que par la coopérative Sodiaal devraient peut-être y regarder de plus près.