juil 14


Le champagne a du être sabré en ce début de semaine chez les industriels les plus cités comme étant parmi les  grands ennemis de la protection de l’environnement. Coup sur coup, deux actualités ont pu les réconforter. La première provient d’une étude publiée, lundi 12, par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Ce rapport indique que sur 70 000 échantillons, étudiés en 2008, provenant de 200 aliments différents, sur lesquels plus de 860 pesticides différents sont recherchés, 96,5% des échantillons analysés sont conformes aux limites maximales de résidus (LMR) autorisés. L’année précédente, le résultat était de 95,8%. Immédiatement, l’Union des Industries pour la Protection des Plantes qui  représente les fabricants de ces produits s’est félicitée de cet excellent résultat qui couronne les efforts de la profession. Il est vrai qu’un chiffre du même rapport conforte l’UIPP dans son analyse, mettant en évidence l’écart entre l’Union européenne, avec seulement 2,4% d’échantillons au-delà des LMR, contre 7,6%, hors de l’Union. Les esprits chagrins font toutefois remarquer que l’impartialité de l’Agence européenne est sujette à caution. Et de rappeler un épisode qui avait défrayé la chronique en 2008. A cette époque, Suzy Renckens, directrice du département OGM de l’EFSA depuis 2003 démissionnait et rejoignait Syngenta, avec comme mission, la sensibilisation des autorités européennes aux vertus des OGM. Une reconversion faite sans respecter un délai de deux ans, comme il est d’usage. Le groupe suisse justement et ses confrères Monsanto, DuPont, Basf, BayerCrop ou Limagrains ont eu le triomphe plutôt discret après la proposition faite, le 13 juillet, par la Commission européenne d’une nouvelle procédure d’autorisation des OGM. Le Commissaire à la santé, John Dalli, largement poussé par son président, José Manuel Barroso, défenseur affiché de ces semences génétiquement modifiées, propose de rendre les Etats de l’Union libres d’autoriser ou non les cultures OGM. La proposition est à double détente. On conserve l’obligation de demander l’autorisation des 27 pour les nouvelles semences, sachant que si autorisation il y a, les gouvernements nationaux pourront, sur leur sol, s’y opposer pour des raisons autres que scientifiques, sanitaires ou environnementales. L’opposition de l’opinion publique serait ainsi un motif recevable. En contrepartie de cet assouplissement, Bruxelles demande aux plus récalcitrants des 27 de ne plus mettre un veto aussi systématique à de nouvelles autorisations. L’objectif est de contourner la règle de la majorité des deux-tiers pour délivrer le fameux sésame. Les opposants à cette proposition se font déjà entendre, comme José Bové ou Corinne Lepage en France, cette dernière dénonçant un rideau de fumée. Mais le Parlement européen qui sera amené à se prononcer sur le sujet compte de nombreux opposants dans son hémicycle. La bataille n’est donc pas terminée. Mais en matière de lobbying, les grands semenciers ont une puissance de feu, à ce jour, inégalée.