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Le patron de la FNSEA avait annoncé la couleur. Il voulait un congrès « mobilisateur » pour redonner le moral à ses troupes. Il fallait faire preuve de combativité pour prouver que la réactivité face à la crise qui a entrainé une chute catastrophique des revenus des paysans n’était pas l’apanage des syndicats dits « minoritaires » ou des associations indépendantes, comme l’APLI, qui ont été à la pointe des mouvements revendicatifs lors de la crise du lait. Il était nécessaire de montrer à sa base que la FNSEA pouvait encore savoir hausser le ton et peser sur les grandes orientations agricoles. Jean-Michel Lemétayer, hier en clôture du 64ème et dernier congrès qu’il préside, n’y est pas allé avec le dos de la cuiller. Il a sorti l’artillerie lourde. « Sur le plan économique, nous vivons un désastre, sur le plan financier,  nous vivons une faillite, sur le plan social, nous vivons en citoyens de seconde zone, sur le plan environnemental, nous vivons en accusés permanents » avant de lancer un sans appel «  monsieur le ministre, cela suffit. Nous en avons ras le bol ». Jean-Michel Lemétayer a toujours été direct, mais on l’avait toutefois rarement entendu aussi brutal et vindicatif. Ce n’était pas uniquement pour complaire à sa base, mais bien le cri d’un homme exaspéré par la situation que vivent ses adhérents. Le ministre a accusé le coup devant une telle attaque frontale. Il en était à se demander s’il n’était « pas la personnalité la plus inutile, ou la plus nuisible de l’agriculture française ». Des propos qui en disent long sur l’impact qu’ont eu les propos du leader syndical. A tel point que celui-ci a jugé bon de détendre l’atmosphère à l’issue du discours ministériel, en assurant vouloir continuer le dialogue et travailler de concert avec Bruno Le Maire pour le bien de tous les paysans. Le ministre est toutefois prévenu, la patience n’est plus de mise et les agriculteurs attendent réellement des actes plutôt que de beaux discours. La mèche n’est pas allumée, mais Jean-Michel Lemétayer a les allumettes en main. Les industriels, notamment laitiers, et la grande distribution peuvent aussi méditer sur cet avertissement, pour l’heure sans frais.