Il était une fois un souverain qui régnait sans partage sur sa nation et ne souffrait pas que l’on contestât son autorité et sa clairvoyance. Il décida, après large concertation, d’instaurer une dîme, applicable à tous et destinée à protéger le patrimoine naturel de son pays et du monde. Un enjeu capital, assurait le sire, qui était tout pénétré de l’importance de cette avancée pour l’humanité. Cependant certaines confréries ne cachaient pas leur hostilité à ce projet qui contrecarrait leurs intérêts bien sentis. Sur ces entrefaits, intervint une consultation du peuple qui devait élire ses représentants dans les régions. Elle avait un objet qui dépassait largement la simple question de l’impôt devant protéger la nature. Le peuple lui fit injure de préférer des hommes non affidés au souverain et lui infligèrent un cinglant revers. Tout à sa déception, il imputa cet affront à ce projet d’impôt, cause de tous les mécontentements de ses sujets. Il décida donc de faire volte face et de l’enterrer sans autre forme de procès. Une de ses ministres qui, depuis des années ferraillait, pour convaincre la population de montrer plus de respect en faveur de la nature, et avait largement œuvré pour cette taxe, eut l’outrecuidance de ce déclarer consternée. Elle le clama haut et fort, tout en dénonçant la pression de certaines corporations. Le souverain en fut fort irrité et, publiquement désavoua, en termes fort peu obligeants sa ministre, pour avoir eu l’outrecuidance de rester fidèle à son combat et surtout de l’avoir proclamé. Cette histoire n’a pas de morale.
mar 27