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En se rendant dans une exploitation agricole de l’Essonne le 6 avril dernier, Nicolas Sarkozy lançait le début de sa campagne de séduction du monde agricole. Les représentants des grandes cultures, pourtant les « plus nantis » des agriculteurs, même en ces temps de crise avaient fait part, dès le lendemain, de leur scepticisme devant les mesures que le chef de l’Etat assurait vouloir mettre en œuvre, pour « ne laisser personne au bord du chemin », selon sa formule désormais consacrée. Las, le comité de suivi des grandes cultures du 14 avril a accouché d’une souris, les mesures étant reportées à la fin de l’année, et encore, si l’évolution de la conjoncture les justifiait toujours. « Chat échaudé craint l’eau froide » n’est pas un problème paysan pour rien, et les céréaliers d’Ile de France maintenaient leur mot d’ordre de manifestation sur les Champs Elysées pour le 27 avril. Mieux, ils sont maintenant rejoints par de plus en plus d’exploitants du nord du pays ou de Champagne et même de Midi Pyrénées. Ils l’ont largement fait savoir au cours d’une conférence de presse, dans les locaux mêmes de la FNSEA, alors que leur Président Jean-Michel Lemétayer avait été reçu la veille à l’Elysée. En langage de commentateur politique, au lendemain d’élections, on appelle cela « un désaveu ». L’ampleur du défilé qui se déroulera sur le parcours traditionnellement réservé aux syndicats ouvriers ou enseignants, entre Batille, Nation et République permettra de juger si ce terme de désaveu n’est pas un peu faible. Les agriculteurs rejoignent, pour se faire entendre, les grands boulevards réservés « aux damnés de la terre ».