L’emblématique chaîne de restauration rapide américaine Burger King a été rachetée ce jeudi 2 septembre par un fonds d’investissement américain, 3G Capital. Jusque là rien d’anormal dans le monde des affaires qui voit ces fonds aller et venir, de ventes en rachats nouveaux, empochant au passage de confortables plus-values. L’opération sur Burger King, société présentée comme victime de la désaffection de sa clientèle, plutôt aisée, et à confrontée à un endettement plus que conséquent, a de quoi surprendre. 3G, cotée à New York, peut-il espérer une plus-value substantielle, alors qu’il débourse une somme de 4 milliards de dollars, tandis que Diageo n’avait touché « que 1,5 milliard » lorsqu’il l’avait cédé en 2002, à trois fonds d’investissement, eux aussi Américains. La réponse est à chercher du côté des dirigeants de 3G qui comptent parmi eux, trois milliardaires brésiliens : Jorge Paulo Lemann, Carlos Sicupira et Marcel Telles, tous très impliqués dans la direction du leader mondial de la bière, InBev. Le premier cité, fils d’émigrés suisses, diplômé de Harvard, ancien champion de tennis ayant participé au tournoi de Wimbledon, a été particulièrement actif lors du rachat de l’Américain Anheuser-Busch par le Belge Interbev, ce qui a propulsé le nouveau groupe au sommet dans le monde entier. Il a été tout aussi présent dans les opérations d’approche de Burger King. L’affaire a été étudiée de près et lui semble prometteuse. Burger King s’est implanté au Brésil il y a un peu plus de 5 ans et compte à ce jour 93 restaurants pour un chiffre d’affaires de 1,8 milliard de dollars. La chaîne compte ouvrir 500 nouvelles unités en Amérique latine, dans les 5 ans à venir, dont 72 pour la seule année en cours. De quoi justifier pleinement l’appétit de 3G et de ses dirigeants. Ces nouveaux milliardaires, tous bien placés dans le classement du magazine Forbes, détrôneront peut-être prochainement l’éternel rival, voire ennemi, McDonald’s. Ils rejoindront ainsi Joesley Batista, fils d’un modeste boucher qui s’est hissé au premier rang des industries de la viande, avec JBS Friboi, se permettant même de racheter une partie des activités de l’Américain Pilgrim’s Pride laissant loin derrière lui, l’ancien roi Tyson Foods. Le redressement de Burger King ne peut que lui ouvrir de nouvelles opportunités. Les Brésiliens n’ont pas fini de s’imposer dans le monde agricole et agroalimentaire, d’autant que JBS songe désormais à se lancer dans le lait.
Une grande première pour les quatre grands pays du BRIC qui ont tenu leur premier sommet agricole du 26 au 30 mars à Iekaterinburg (anciennement Sverdlosk) dans l’Oural. Guilherme Cassel, ministre brésilien de la Réforme agraire, Yelena Skrynink, ministre russe de l’Agriculture et ses homologues Sharad Pawar pour l’Inde et Han Changfu pour la Chine se sont accordés pour mettre en commun leur potentiel agricole afin de lutter contre la faim dans le monde. « Nous ne pouvons lutter, à nous seuls contre ce fléau, mais nous pouvons aider la communauté internationale » à l’endiguer, a déclaré le ministre indien. Parmi les grandes orientations figure la création d’un système d’échange d’informations qui permettront à chacun des quatre pays de mieux appréhender ses productions et orienter ses politiques de stockage. Ils comptent également travailler à la lutte contre les changements climatiques et au développement de nouvelles technologies « vertes ». A eux quatre, ils disposent d’une force de frappe impressionnante : 25,9% de la superficie du globe, 32% des terres arables, 40% de la population mondiale. Ils produisent 40% du blé dans le monde, 50% de la viande de porc et 30% de celle de volailles. Ils en appellent aux pays industrialisés pour aider les pays en voie de développement à mettre en place un développement agricole, de concert avec eux. Toute la question sera de savoir si les anciens champions agricoles sont prêts à coopérer avec ceux qui sont désormais leurs plus dangereux concurrents. D’autant que ces derniers ne sont pas sans arrière pensée sur la conquête des marchés africains . Et ils n’oublient pas leurs intérêts propres. Ils ont tous les quatre profité de sommet pour évoquer de futures relations bilatérales. A aucun moment, il n’a été fait mention de l’OMC.