nov 21

Les Amis de la Terre en partenariat avec le CRID (Centre de Recherche et d’Information sur le Développement)ont décerné hier soir à les « Prix Pinocchio du développement durable ». Cette année, plus de 13 000 internautes se sont exprimés pour élire leurs lauréats parmi les entreprises nominées, Tereos est récompensé dans la catégorie « Une pour tous, tout pour moi ! » avec 41 % des votes. L’entreprise française implantée au Mozambique a été plébiscitée pour sa production d’agrocarburants. Tereos détient en effet près de 100 000 hectares de terres cultivables qu’elle transforme en monocultures énergétiques, « confisquant ainsi des terres agricoles fertiles aux populations locales ». Alors que Tereos réalise 194 millions d’euros de profit, 70 % de la population du Mozambique continue de vivre sous le seuil de pauvreté, font valoir les 2 ONG.

nov 03


SABMiller, numéro 2 mondial de la bière a lancé, mardi 2 novembre, au Mozambique une bière fabriquée à partir de manioc sous la marque Impala. Cet arbuste cultivé dans de nombreux pays pour faire des farines (notamment au Brésil et en Guyane) est également utilisé depuis des siècles en Afrique pour produire de la bière. SABMiller estime que la production dite « informelle » des bières en Afrique représente 4 fois la production des brasseurs industriels. La firme anglaise espère que sa filiale mozambicaine Cervejas de Moçambique (CDM) pourra avec cette nouvelle bière s’adjuger 70 % du marché local, profitant notamment d’une loi adoptée par le Mozambique excluant de taxes les bières produites à base de manioc. Cette bière pourra ensuite être plus largement commercialisée en Afrique, notamment vers les consommateurs à faibles revenus, son prix devant être très compétitif. SABMiller compte acheter 40 000 tonnes de manioc par an auprès de 1 500 petits fermiers qui perdent souvent leur récolte, car ces racines pourrissent rapidement. SABMiller a mené des recherches pour produire cette bière, sur plusieurs années, en partenariat avec la compagnie hollandaise DADTCO (Dutch Agricultural Development and Trading Company) qui, depuis sa création en 2002, vient en aide aux agriculteurs des pays en développement en leur fournissant des intrants et les aidant à commercialiser leur production.

 

oct 24

Le Secrétaire d’État chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services, des Professions Libérales et de la Consommation (excusez du peu, il faut une carte de visite 21×27) qui organise la semaine du goût et autres manifestations qui vont sauver la France de la crise économique, a reconnu l’échec de son plan d’action lancé, à grand renfort de communication , le 19 janvier 2011 à Rungis. Il visait à garantir la qualité de la consommation alimentaire autour de cinq priorités: un meilleur contrôle des obligations contractuelles dans la réalisation des marchés publics de produits alimentaires, défendre l’authenticité des préparations composantes du patrimoine gastronomique, valoriser les engagements volontaires de qualité des professionnels, améliorer la loyauté de l’étiquetage des produits alimentaires et proposer un panier de produits de première nécessité, frais, équilibrés et de qualité, à tarif économique. Huit mois plus tard, le ministre « constate l’insuffisante qualité nutritionnelle des viandes dans la restauration collective et demande de nouveaux contrôles à la DGCCRF ». Il devrait peut-être se poser des questions sur l’utilité de son ministère.

oct 17

Dans une étude publiée, la semaine dernière, le cabinet d’études économiques Xerfi, estime que la croissance de la consommation alimentaire en France sera limitée à 0,8% en 2012 et 0,6% en 2013 en volume, en particulier sous l’effet du recul des boissons alcoolisées. Outre la dégradation de la conjoncture, la hausse persistante des dépenses incontournables (logement, télécom, assurances) entraînera des arbitrages plus défavorables des ménages sur les autres postes parmi lesquels l’alimentaire. Les consommateurs prêteront plus que jamais attention à leurs dépenses alimentaires. Pour limiter celles-ci, ils achèteront moins souvent ou en plus petites quantités les produits jugés non essentiels. Ils pourront aussi préférer les marques de distributeurs ou les promotions. Ils privilégieront également les références moins coûteuses au sein d’une même catégorie (par exemple de la volaille plutôt que du boeuf ou des surgelés plutôt que des légumes frais). Dans le cas des viandes bovines, les transformateurs, comme Bigard ou Terrena, font face à la baisse de la consommation individuelle et à la concurrence croissante de la volaille. Pour reconquérir les ménages, les fabricants doivent lutter contre l’image de cherté attachée aux viandes bovines, alors que la hausse des prix des matières premières en amont de la filière renchérit les coûts de production. La question des matières premières est certes moins préoccupante pour les industriels des boissons (à l’exception des producteurs de jus de fruits). Ces derniers sont en revanche les plus directement concernés par les mesures du plan de rigueur annoncé par le gouvernement, et en particulier une taxation renforcée des alcools et des boissons enrichies en sucre. Les grands groupes sont mieux armés pour faire face à la hausse des cours des matières premières (gestion des achats, pouvoir de marché pour mieux répercuter les surcoûts), note Xerfi. Ceci explique pourquoi les IAA cherchent à accroître leur taille, comme en témoigne la reprise d’Entremont par Sodiaal, ou le rachat de l’italien Parmalat par Lactalis. Elles investissent dans l’innovation sur le segment de la nutrition, la praticité d’utilisation ou le développement durable, mais sont confrontées à des enseignes de la grande distribution qui gardent la main lors des négociations tarifaires.

sept 29

Le groupe américain, bête noire des organisations écologiques pour ses semences OGM, a annoncé hier avoir fait l’acquisition de la société israélienne Beeologics LLC. Cette dernière créée en 2007,disposant de bureaux et laboratoires aux Etats Unis et en Israël, se consacre à la protection de la santé des abeilles « de par le monde » pour le maintien de la pollinisation. Une nouvelle qui est pour le moins surprenante de la part du producteur de l’herbicide RoundUp, régulièrement mis en cause dans la disparition des abeilles. Monsanto explique dans son communiqué que l’achat de cette société, totalement impliquée dans la recherche biologique contre les maladies et les nuisibles, « lui permettra d’explorer plus avant les applications de la biologie dans l’agriculture » lui voyant « un rôle de plus en plus important pour le développement de pratiques agricoles dites durables ».

sept 19

“Nourrir 9 milliards d’hommes”, tel est le titre d’un ouvrage que viennent d’écrire Marion Guillou et Gérard Matheron. Dès les premières pages de leur ouvrage commun, la présidente de l’Inra et son homologue du Cirad affirment d’emblée leur confiance: « satisfaire les besoins alimentaires de plus de 9 milliards de personnes à l’horizon 2050, dans un contexte de développement durable est possible ». Toutefois si l’énoncé du défi qui attend le monde est simple, l’équation permettant de le résoudre est nettement plus difficile en pratique. D’autant que la planète pourrait compter non pas 9, mais 10 milliards d’âmes, prévient Marion Guillou, devant la presse en présentant l’ouvrage. Cependant les auteurs veulent faire partager leur conviction que « le cataclysme » annoncé peut être évité. Pour cela, il va falloir changer un certain nombre de comportements actuels pour « ramener l’agriculture sur le devant de la scène, pour qu’elle ne soit plus maltraitée par les politiques ou bailleurs de fonds » plaide Gérard Matheron. Dans ce but, l’ouvrage fait six grandes recommandations. Cela va du renouvellement des savoirs par l’accentuation des recherches biotechnologiques, agro-écologiques, économiques, sociales et humaines, à la lutte contre la pauvreté et la faim via un investissement humain et matériel dans toutes les filières agricoles de par le monde. Sans oublier la lutte contre la volatilité des denrées alimentaires de base, ou des changements comportementaux comme la fin d’un gaspillage allant du producteur au consommateur et de pratiques nutritionnelles conduisant à du surpoids, voire l’obésité. Deux recommandations touchent à l’instauration d’un réel dialogue entre tous les acteurs de la recherche sur le climat, l’eau, les sols, la biodiversité, « pour un recueil de données à l’image de celle qui fonctionne dans le domaine des énergies », mais aussi entre les divers organismes mondiaux impliqués pour instaurer une gouvernance mondiale en matière de sécurité alimentaire. Marion Guillou a cité notamment le cas de la FAO et de l’OMS, qui coopèrent très peu, alors qu’alimentation et santé sont intimement liés. « Il faut remettre un pilote dans l’avion » et développer les solidarités. Par ce livre, ses auteurs qui ont, déjà à plusieurs reprises, défendu ce constat, espèrent toucher non plus les décideurs mais un large public, « car tout le monde doit agir, maintenant et pas dans quarante ans ».

« 9 milliards d’hommes à nourrir », édition François Bourin, 432 pages, 22 euros (bénéfices versés à Agronomes et Vétérinaires sans
frontières)

sept 16

L’Asociación de Cooperativas Argentinas (ACA) va investir 110 millions de dollars dans la construction d’une unité de production d’éthanol à base de maïs. L’usine, qui entrera en activité au début 2013, sera installée dans la province de Cordoba. Elle aura une capacité de broyage de 330 000 tonnes de maïs par an, avec une production de 120 000 mètres cubes d’éthanol, selon le président de l’ organisme coopératif, Daniel Biga. L’Argentine est le deuxième exportateur de maïs et pourrait connaître en 2011/2012 une production record de 30 millions de tonnes. Ce serait une première dans le pays qui produit tout son éthanol à partir de canne à sucre et du biodiesel à partir de soja. L’usine pourra également fournir 100 000 tonnes de sous-produits destinés à l’alimentation du bétail. Cette décision, motivée par ses promoteurs par l’objectif argentin d’ncorporer 5 % de biocarburants dans l’essence, a de quoi surprendre alors que les cours mondiaux du maïs sont au plus haut et la demande de l’industrie alimentaire pressante.

sept 15

Le groupe pétrolier britannique a annoncé hier, avoir réalisé deux opérations majeures, renforçant sa présence au Brésil dans la production d’éthanol et biocarburants. Il a ainsi racheté pour 71 millions de dollars la participation détenue dans la société Tropical BioEnergia S.A., par ses partenaires Maeda S.A. Agroindustrial et LDC-SEV Bioenergia, détenant chacun 25% et devenant ainsi propriétaire à 100 %. Il disposera ainsi de l’usine d’éthanol d’Edéia, dans l’état de Goiás, dont il veut doubler la capacité de production pour la porter à 450 millions de litres d’éthanol, par le traitement de 5 millions de tonnes de canne. Elle pourra ainsi fournir le marché brésilien et exporter dans les pays voisins. Elle pourra également produire 250 Giga watt heures d’électricité par an. La seconde opération d’un montant de 25 millions de dollars lui permet de porter sa participation dans le producteur de sucre et éthanol Companhia Nacional de Açúcar e Álcool (CNAA) de 83 % à 99,97 %, en reprenant les parts de son partenaire LDC Bioenergia S.A et une partie de l’endettement de la société. Elle prend donc le contrôle total de deux usines dans les régions de  Goiás  et  Minas Gerais. Cette double opération lui donne la propriété de 3 usines dans le pays. Le groupe pétrolier, via sa filiale BP Alternative Energy, créée en 2005 pour regrouper toutes ses activités dans les énergies alternatives, y a investi 8 milliards de dollars (biofuels, solaire, éolien, etc..), dont 2 milliards ont été dépensés dans les seuls biocarburants depuis 2006.

PS: décès du père des biocarburants

 Le Brésil a enterré hier le scientifique Expedito Jose de Sa Parente, auquel est attribué l’invention du biodiesel, décédé à l’âge de 70 ans d’une affection intestinale. Selon la Présidente, Dilma Rousseff, cette invention a contribué à réduire la pauvreté dans les campagnes. Sa découverte, brevetée au Brésil dans les années 80, a eu une large reconnaissance mondiale et une importance décisive pour l’avenir du pays, a-t-elle également souligné. Sa découverte a obtenu une large reconnaissance par l’Organisation des Nations Unies (ONU), le gouvernement américain, des compagnies comme Boeing et des agences comme la NASA, l’agence spatiale américaine. Il a, entre autres, enseigné à l’École Française de Tannerie de Lyon.

 

juil 15

Eco Delta, développeur et exploitant indépendant de fermes solaires et éoliennes, lance Agrosolar pour concilier les problématiques de l’agriculture avec les enjeux de la filière photovoltaïque en étendant aux terres agricoles la production d’électricité, sans réduire les surfaces cultivables. Ses modules photovoltaïques à très haut rendement sont installés à 4,50 mètres du sol sur des rangées de mâts espacés de 12 mètres. L’ombrage au sol généré par ces modules, qui tourne en fonction des courses quotidienne et annuelle du soleil, ne couvre que 16 % des terrains. Les agriculteurs peuvent sans inconvénient cultiver ou élever leurs troupeaux sur les terrains qu’ils louent à Agrosolar. La société Agrosolar est issue d’un partenariat industriel international entre Eco Delta et le groupe italien Revolution Energy Maker (REM). Elle est codétenue par les deux partenaires. La société italienne vient d’inaugurer son premier parc photovoltaïque sur des cultures de blé et de tomates à Virgilio, une commune rurale de la province de Mantoue, en Lombardie, d’une puissance de 2,2 MWc. Afin de contribuer au développement de la filière photovoltaïque, Eco Delta et REM envisagent d’ouvrir une unité de production de ces capteurs solaires en France, générant ainsi de l’emploi et des compétences. Eco Delta dispose à ce jour de permis de construire pour une puissance de plus de 220 MW dans le Sud et le Centre de la France. Elle bénéficie de l’appui industriel et capitalistique de la Caisse des Dépôts qui détient 10 % de son capital, ainsi que du soutien de l’Anvar. Les équipes d’Eco Delta, experts du monde de l’énergie et de l’environnement, interviennent à tous les niveaux des projets : développement, coordination, financement, assistance à maîtrise d’ouvrage et exploitation.

juin 24


Le ministre français de l’Agriculture qui accueillait hier ses homologues des 19 nations les plus riches de la planète pour un  premier et inédit sommet  consacré aux dérèglements des cours agricoles mondiaux, s’est félicité de la réussite de cette réunion. « Aujourd’hui est un grand jour, nous sommes parvenus à un accord historique », s’est réjoui Bruno Le Maire. « C’est un tour de force pour la communauté internationale », a-t-il ajouté, assurant que cet accord contenait des « mesures concrètes, loin des déclarations de principe. Même enthousiasme de la part de son collège américain, Tom Vilsack  qui a salué, dans une déclaration écrite, le consensus obtenu « pour résoudre les défis pressants de la faim et de la volatilité des prix des denrées alimentaires ». La France proposait un plan d’actions, en cinq points : réinvestir dans l’agriculture mondiale pour « produire plus et mieux », accroître la transparence des marchés, améliorer la coordination internationale pour prévenir et gérer les crises et réguler les marchés de dérivés de matières premières agricoles. Sur le premier point, tous sont convenus qu’il fallait augmenter la production agricole mondiale, en cherchant par exemple à améliorer la productivité en ce qui concerne le blé. Concernant un accord sur la transparence des stocks mondiaux, la déclaration finale, prenant en compte les réticences de la Chine et de l’Inde, est beaucoup plus évasive. Un système d’information sur les marchés, baptisé AMIS sera mis en place sous la houlette de l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO). Cette base de données doit « encourager » les pays à partager leurs données et à améliorer les systèmes d’information existant, sans toutefois prévoir de mesure coercitive. Les ministres du G20 ont toutefois soigneusement peu engagés sur le  sujet controversé des biocarburants souvent accusés d’être l’un des facteurs de la hausse des prix de certains produits agricoles, comme le maïs ou la canne à sucre. « Le sujet n’est pas mûr », avait argumenté Bruno Le Maire, ne souhaitant pas « multiplier les sujets d’affrontement ». Ils n’ont pas souhaité adopter de mesures encadrant leur production. Les Etats-Unis, le Brésil, le Canada et la France figurent parmi les pays suspectés d’avoir bloqué toute avancée en la matière. Les organisations non gouvernementales qui attendaient beaucoup de ce sommet et avaient salué l’initiative française se sont montrées largement déçues de cet accord qualifié « d’à minima ». Ainsi, Oxfam voit dans cet accord « plutôt un cataplasme sur une jambe de bois, très loin de la chirurgie massive vraiment nécessaire pour s’attaquer à la crise alimentaire ». Les ministres de l’Agriculture s’étaient mis d’accord pour s’attaquer à certains effets des prix élevés et volatiles, mais ils n’ont même pas réussi à introduire les mesures nécessaires pour empêcher l’envolée des prix hors de tout contrôle, estime l’ONG qui espère que le G20 Finance qui se réunira en juillet peut encore s’attaquer à la spéculation. La presse étrangère n’a pratiquement pas fait état de cette réunion, préférant se focaliser sur la crise en Grèce.